Catégorie : Entrevue

  • Entrevue avec Delphine Meier, illustratrice

    Illustratrice d’origine suisse romande, Delphine Meier multiplie les projets dans son style graphique et pimpant 100% technicolor. Impossible d’être passé à côté de ses affiches réalisées pour promouvoir l’exposition Frida Kahlo, Diego Rivera et le modernisme mexicain à voir au MNBAQ jusqu’au 7 septembre. La jeune femme au talent affirmée se prête avec générosité à notre jeu questions-réponses!

    Collaboration spéciale : Annie Alix Paré

    Présenter l’univers de la grande Frida Kahlo, c’est une commande magistrale. Comment as-tu appréhendé le mandat ?

    À mon sens, l’art de Frida c’est une multitudes de couleurs. Des tissus fleuris, de la végétation dense et exotique et bien sûr…des sourcils iconiques.  Avec comme point de départ un style bidimensionnel qui est le mien, je me suis inspirée d’oeuvres de style asiatique. Plus concrètement, riches en motifs, mais sans perspective ni ombres ajoutées au volume. À l’étape de la colorisation, l’ajout de motifs permettait aussi de bien faire ressortir le visage de Frida et Diego.

    Illustration de Delphine inspirée de l’oeuvre Autoportrait aux singes de Frida Kahlo.

    Quelles ont été tes impressions de l’exposition?

    J’y suis allée récemment. C’est la première fois que je visitais le musée National des Beaux-Arts du Québec : il est magnifique! L’exposition est très intéressante et nous apprend beaucoup sur la vie de Frida et de son entourage. Vraiment une belle expo, que je recommande vivement !

    Delphine a créé les illustrations de l’actuelle exposition Frida Kahlo présentée au MNBAQ jusqu’au 7 septembre 2020.

    À quoi ressemble ton espace de création ?

    Je travaille principalement dans un atelier avec d’autres artistes. On s’est amusé à décorer les lieux. J’adore cet environnement regorgeant de plantes, d’images chères à mon coeur et d’objets ludiques et dépareillés.

    Tu as gagné récemment des prix au Applied Arts, dont un avec l’agence Aegis pour Podcast for Alumni and the InTouch magazine for Ivey Business School. Es-tu une auditrice de podcasts ? Si oui, lesquels t’accompagnent dans ton quotidien ?

    En voici quelques uns, en vrac : Affaires sensibles sur France Inter. L’ombre d’un doute. Enquête impossible. Secrets d’histoire. Hondelatte raconte sur Europe 1. Je ne suis pas très fière de ce dernier, mais ça me tient vraiment en haleine…

    Prix Applied Arts « The Podcast Boom », pour le InTouch magazine, Ivey Business School.

    Parmi tes projets, on retrouve une participation à la promotion du 8 mars, journée du droit des femmes. As-tu une opinion à partager au sujet des récentes vagues de dénonciations sur les médias sociaux?

    Il y a trop d’histoires d’agressions qui sont reportées aux forces de l’ordre et qui ne donnent jamais suite. Dénoncer ses agresseurs est un acte fort, mais je pense qu’il est nécessaire de montrer à quel point le sujet est répandu, et à quel point les femmes victimes d’abus ne sont pas épaulées pour faire face à ce genre de drame. 

    Animation créée pour la promotion du 8 mars, journée du droit des femmes.

    Qui sont tes illustrateurs préférés ?

    Sans grande surprise, je suis souvent sur Pinterest ou Instagram pour chercher des idées. Parmi ceux qui m’inspirent en ce moment : pnriou, mrtomfroese, Aless mc, Tania Yakunova, Giacomo Bagnara

    Comment t’es tu tenue inspirée ces derniers mois ?

    Pendant le confinement j’ai eu une baisse de travail assez forte, alors je me suis poussée à garder un rythme de travail et trouver des thèmes assez forts pour continuer à développer mes illustrations. Mes inspirations se sont d’abord portées sur la pandémie: le fait d’être chez soi, comment rester zen face au stress de la situation. Des articles que je lisais à ce sujet. Puis j’ai eu envie de dessiner des fleurs avec l’arrivée du printemps, sans doute dû à mon manque de verdure, causé par l’interdiction de sortir de Montréal. Donc en général mes inspirations viennent de mes envies du moment (parfois trop nombreuses).

    Qui as-tu eu le plus grand bonheur de retrouver une fois le confinement terminé ?

    Mes amis! On a recommencé à inviter nos amis sur notre terrasse dès que le confinement a été allégé. 

    Peut-on se procurer des objets dérivés quelque part ?

    J’aimerais beaucoup, ça fait un moment que je souhaitais imprimer des images en risographies* ou sérigraphie. Mais c’est un projet de longue haleine… J’espère un jour avoir assez de matériel pour ouvrir une petite boutique en ligne.

    En attendant, vous pouvez suivre Delphine Meier via son site internet, sa page Behance ou encore son compte Instagram!

    Delphine Meier et son oeuvre pour Québec Science Magazine.

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    *Le duplicopieur ou risographe, parfois abrégé en copieur ou riso, est un duplicateur automatique de documents permettant de réaliser des copies multiples d’un original papier, comme un photocopieur, afin de reproduire des documents.

  • Entrevue avec Juliane Le Pouézard et François Ollivier

    Confinement et art floral

    Duo inspiré et inspirant s’il en est un, Juliane Le Pouézard et François Ollivier ont pondu une série florale tout en délicatesse, qu’ils ont discrètement dévoilée à l’orée du printemps. Et du déconfinement. En toute générosité, ils nous font part de leur démarche créative conjointe et de ce qui nourrit leur créativité, à l’aube d’accueillir un nouveau-né. 

    Collaboration spéciale : Annie Alix Paré

    Juliane, toi qui est directrice de production dans la vie, qu’est-ce qui t’as incité à entreprendre ce projet créatif? 

    Cela fait une dizaine d’années que je travaille dans un domaine créatif, sans créer moi-même. J’ai toujours fait des petits trucs de mes mains à la maison, un peu de dessin, un peu de photo, pas bien sérieusement. Cette série photographique avec François est un work in progress qui se fait doucement, de façon très spontanée. Nous n’avons pas de « plan », de calendrier. J’ai commencé à m’intéresser aux fleurs l’an dernier par le biais de livres, de comptes Instagram. Je me souviens qu’au cours de l’hiver, je me suis demandée pourquoi je n’avais pas pensé aux fleurs avant… qui s’imposent maintenant comme une évidence. J’ai plongé dedans, jusqu’à m’inscrire à une formation professionnelle à l’automne dernier. Cependant, le rythme du DEP ne convenait pas tout à fait à mes aspirations. En attendant de trouver une autre formation pertinente, j’ai eu envie de jouer avec des fleurs et qu’on en fasse quelque chose avec François. C’est comme ça qu’on a shooté ensemble une première scabieuse blanche sur fond noir, et puis on a fait d’autres trucs, à notre rythme. 

    Pourquoi opères-tu la direction artistique sous le nom Saint-Gilles

    Saint-Gilles, c’est un lieu familial qui me tient très à coeur depuis 35 ans. Des souvenirs de fleurs, des oeillets de poète sur une table en formica. 

    Le projet est présenté ainsi : “La route n’est pas toute droite, mais les fleurs ne sont jamais loin”. Qu’est-ce que ça signifie ? 

    Depuis un an, il y a eu des bifurcations inattendues sur le chemin : l’école que j’ai laissé tomber, dans la foulée je me suis inscrite à une reconversion intensive à l’École des Fleuristes de Paris pour mars 2020, et entre temps… un petit humain a commencé à pousser dans mon ventre, puis la pandémie a remué l’année, pour tout le monde. J’y vais pas à pas, une chose après l’autre. 

    Comment procèdes-tu pour sélectionner les objets, les fleurs et déterminer les compositions ?

    Je fais un peu avec ce qui me tombe sous la main, je garde des choses (trop), je me perds sur Internet, Instagram, j’y ramasse des images (trop) que je perds et oublie, je cueille ou achète des fleurs un peu n’importe où et n’importe quand. Dans la prochaine année, j’ai envie de collaborer avec des créateurs d’objets, des designers, des céramistes, des stylistes pour la direction artistique : il va falloir que je sois un peu plus structurée, mais je veux garder cette approche la plus libre possible, trouver mon style sans me mettre de pression folle. 

    Sur les fleurs : on remarque qu’elles sont au point limite de leur fraîcheur. Est-ce un choix de les présenter ainsi, et pourquoi ?

    Disons spontanéité… et procrastination ! C’est juste que parfois j’achète des fleurs et je les laisse trainer un peu. Je trouve ça beau, une fleur qui a un peu vécu. J’aime autant une tulipe encore fermée qu’un dahlia qui boude un peu. 

    Comment est-ce que le projet a évolué en un an ? 

    Par phases : parfois il dort pendant un moment, mais il est toujours quelque part. Dans ma tête, il y a le design floral, mais aussi la production de fleurs, la culture en terre. Au fur et à mesure, je découvre ce dont je n’ai pas envie, et ce qui me semble plus évident. 

    Y a-t-il des natures mortes qui t’ont inspiré ? 

    J’ai tendance à glaner des images, les épingler et les oublier, donc je me rappelle rarement d’un visuel précis qui m’aurait inspirée. Néanmoins, chez les designers floraux, je suis très fan du travail de Mary Lennox (Berlin) et Claire Boreau (Paris). Il y a une game vraiment hallucinante en Europe. Je pense notamment à des jeunes gars à Paris qui font des choses très nouvelles, décomplexées. Mais ce qui m’inspire le plus c’est la peinture et la photographie, très clairement. Ça va de Fantin-Latour à Irving Penn en passant par les vanités hollandaises du XVIIe siècle, Schiele, Aaron Tilley… Et aujourd’hui, une nouvelle génération de photographes comme Maisie Cousins, Marguerite Bornhauser, Julie Vallon… Pas mal juste des filles, hein ? 

    Est-ce une première collaboration entre vous? 

    F – On collabore fréquemment aussi sur des mandats commerciaux publicitaires ou éditoriaux. Juliane m’aide beaucoup dans la production des shoots et son avis créatif et son soutien constant comptent énormément. Notamment au niveau de sa culture photographique est bien supérieure à la mienne : c’est elle qui me dit si ce que je suis en train de faire est pourri ou pas.


    J – François est la personne qui m’inspire le plus au monde, il a cette ce talent de rendre le banal plus grand, plus beau. Et il ne cède pas à la facilité, à la paresse : sa curiosité ne s’endort jamais. C’est stimulant de partager sa vie avec quelqu’un qui te pousse à garder les yeux ouverts, et qui t’encourage. J’espère bien qu’en plus de devenir prochainement des parents, on va continuer à grandir ensemble créativement ! On y compte bien, et les fleurs feront définitivement partie de l’équation. 

    Vous pouvez découvrir la série complète en ligne sur https://www.behance.net/gallery/101107673/Flowers-2019-2020

    François Ollivier, après de multiples récompenses de l’industrie de la publicité ainsi que des collaborations avec le New York Times, The Washington Post, Apple. Monocle, Condé Nast, quels sont les projets à venir qui t’enthousiasment le plus? 

    Il y’en avait plein cette année… ils sont quasi tous tombés à l’eau. 2020 partait super bien financièrement (pour une fois !) et ça me laissait la tranquillité d’esprit pour investir du temps, de l’énergie voire de l’argent dans des projets persos qui n’en rapportent pas ainsi que dans des collaborations vraiment trippantes. Mais je perds pas espoir, j’espère qu’une collaboration avec le magazine français Regain (nouvelle agriculture) se concrétise. C’était l’occasion de couvrir un sujet en photo et d’écrire moi-même l’article. 

    Dans les projets plus concrets, je continue de collaborer avec le New York Times. Un sujet sur le Maroc et la culture du safran est prévu pour le EnRoute de septembre. Je suis impatient de le voir vivre après l’avoir shooté en novembre dernier. 

    Mon projet de 2019 sur le Corso Fleuri qui a lieu depuis 100 ans dans mon village natal devrait être publié au Québec dans le magazine Bosquet. 

    Dans les plus flous, j’ai un projet de création sur l’environnement que j’ai commencé à écrire et à maquetter, des installations absolument pas covid friendly avec plein de gens donc ça devra attendre un petit peu. C’est des balbutiements mais ça serait photo et vidéo. 

    À part ça, je vais tenter de documenter notre nouvelle vie avec enfant de la manière la moins quétaine possible. Dad mode activated. 

    Quelles plateformes suivez-vous à titre d’inspiration ? 

    F : On achète pas mal de bouquins, on essaie de sortir au musée et ma mère m’envoie moult coupures de presse du Monde par courrier postal…, des trucs qu’elle trouve intéressant de me partager et elle a bien souvent raison ☺ 

    Internet canalise pas mal de sources et permet d’éviter certains écueils de déjà-vu, même si ça remplacera jamais la contemplation et la vibration d’une œuvre physique. 

    J : Il m’arrive régulièrement de faire de la recherche visuelle et des books pour des campagnes publicitaires : dans le processus, je vois énormément de photos et de vidéos, et je tombe souvent par hasard sur des images qui n’ont pas rapport avec ma recherche initiale mais qui m’allument, et que je garde dans un coin de ma tête. Comme François, je passe aussi pas mal de temps à flâner sur Internet, et à feuilleter des livres (merci les Bibliothèques de Montréal), sans pratique volontaire d’inspiration, sans démarche particulière. Et j’adore les coupures de presse de sa mère ! 

    S’il était possible d’acquérir (ou de visiter!) une seule oeuvre d’art, budget illimité et sans aucune contrainte logistique, laquelle serait-elle ? 

    F : Des montagnes avec une installation de Christo, ou le Jardin des Délices de Bosch.

    J : Il y en a trop ! La Vie de Marc Chagall, toutes les photographies de Ed Van Der Elsken, les piscines de Hockney, ou un skyspace de James Turrell. 

    Comment t’es tu tenu.e inspiré.e pendant le confinement ? 

    F : j’ai essayé de créer et de shooter à la maison au maximum plus que de m’inspirer en fait. Y’a eu quelques projets de confinement collaboratifs intéressants quand même mais c’était tellement bizarre comme période que ma curiosité n’était pas vraiment développée. Ça a permis d’improviser avec les moyens du bord, de travailler des des natures mortes etc. Si ma pratique photographique a bien un avantage, c’est que je n’ai pas forcément besoin d’un studio ou de modèles. Je me suis remis a jouer beaucoup de guitare aussi. 

    J : J’avoue que le confinement a été une période très particulière pour moi, du fait d’avoir vu mon ventre s’arrondir au fil de ces mêmes semaines. Ça a été une sorte de parenthèse (dans laquelle je suis encore), où je me suis beaucoup concentrée sur ma forme, mon bien-être et celui du petit humain en création. 

    Quelle fut la première visite qui s’est imposée une fois le confinement levé ? 

    F : Les amis et le dentiste. 

    J : Presque pareil ! Les amis proches, pour un dimanche de retrouvailles dans la ruelle, une vraie bouffée d’air frais ! Et mon ostéopathe. 

    Où peut-on suivre ce que vous faites ? 

    F : Mon site (francoisollivier.com) pour présenter des projets ficelés et du travail de commandes, mais mon Instagram est plus dynamique, comme un journal spontané. Ça serait la plateforme que je recommande pour quiconque désire suivre mon travail.

     J : Je n’ai qu’un Instagram très timide pour le moment… un pas après l’autre 🙂

  • ENTREVUE AVEC SOPHIE PAQUETTE DESIGNER ZAÄN

    Il y a quelques années j’ai eu l’opportunité de croiser Sophie Paquette dans un événement à Oka et de découvrir sa ligne de vêtement pour femmes; ZAÄN (une marque 100% pensée pour le voyage et les escapades à la plage), ce fût immédiatement un coup de coeur, non seulement parce que Sophie est si passionnée et attachante, mais aussi parce qu’avec sa ligne entièrement confectionnée dans son petit local des Basses-Laurentides, elle propose vraiment une marque accessible à toutes les femmes et conçue de manière intelligente. Rencontre avec une passionnée de design qui a su faire sa marque dans une industrie en plein bouleversement.

    Avant tout, qui est Sophie Paquette, quel est ton parcours? 

    Ma mère a été sous-traitante en couture toute mon enfance. À ce moment là, je ne me doutais pas que j’avais ça dans le sang (l’amour de la mode) ! J’ai fait une session au collège en technique de bureau et c’est alors que je me suis aperçu que mon côté créatif avait vraiment besoin de sortir (rire). Je me suis inscrite en dessin de mode à l’Académie de la Mode et du Design et là, j’ai vraiment capoté! J’ai appris à coudre, à distinguer les fibres et textiles, appris le dessin technique … j’ai finalement gradué en 1994. Par la suite, j’ai occupé des postes à titre de patronniste et designer en chef pour plusieurs compagnies montréalaises principalement en lingerie et en maillot de bain. C’est en quelque sorte ce qui m’a inspiré dans la création de ZÄAN qui est une marque axée sur le voyage et qui utilise principalement des tissus infroissables et extensibles.

    Je suis une personne toute simple, une passionnée qui aime tout faire de A à Z, du dessin jusqu’à la couture. J’adore le bruit des machines à coudre, la satisfaction de concevoir un vêtement qui mettra la femme qui le portera en valeur. – Sophie Paquette, designer ZAÄN

    À quoi ressemble ton processus créatif?

    En premier lieu je m’inspire de looks, d’images, d’ambiances et … de voyages! Je fais une tournée chez mes fournisseurs pour dénicher les nouveaux tissus et imprimés et procède à l’échantillonnage. Je jette un œil sur les tendances, mais je me préoccupe davantage à ce que le vêtement fasse bien à toutes les silhouettes et à développer des collections qui se complètent d’une année à l’autre. Je me base sur des mannequins de petites et grandes tailles pour développer mes modèles. Le défi reste toujours d’arriver avec des méthodes de confection optimisées afin de pouvoir offrir un produit québécois accessible tout en étant rentable pour moi et de trouver des façons de sortir du lot et de me faire connaître.

    Qu’est-ce qui t’as amené à la création de ta propre ligne ZAÄN ?

    Après plus de 20 ans dans l’industrie de la mode, le désire d’avoir ma propre ligne était de plus en plus grandissant. La plupart des compagnies ont transformé leur production pour privilégier l’importation et le métier, comme je l’avais connu jadis, n’était plus le même! Malgré les mises en garde et les commentaires dissuasifs de mon entourage, c’est en 2012 que j’ai décidé de me lancer! Je savais que ça n’allait pas être facile, si ce l’était, tout le monde le ferait … C’était la seule manière de mettre à profit mon plein potentiel et de me réaliser.

    Drôle de nom ZAÄN, mais c’est la jonction du nom de mes filles Zara et Mégane tout simplement. 🙂

    Tu viens tout juste de lancer ta nouvelle collection estivale 2019, que nous réserve cette nouvelle collection ?

    De la couleur ! Malgré le fait que c’est le noir que se vend souvent le plus pour sa versatilité, on a toujours besoin d’un peu de soleil dans notre vie! On a tout plein de nouvelles sorties de plage avec des textures, de la légèreté et du mouvement. On a pensé à des pièces versatiles qui, agencées différemment, peuvent être portées ailleurs qu’à la plage, comme au travail ou dans la vie de tous les jours. On a aussi des robes et tout plein de tuniques, des vestes, pantalons et jupes que l’on peut facilement coordonner. Cette collection sera disponible dans quelques boutique au Québec dès le mois de juin et lancer sur le web en mai.

    D’autres projets à venir prochainement?

    On commence à développer les vêtements pour fillettes de 4 à 14 ans … c’est encore à développer mais cela fait déjà un bon moment que ça me trotte dans la tête et plusieurs de mes clientes me demandent de produire des vêtements pour leurs filles comme les tissus utilisés pour ZAÄN sont infroissables et faciles à laver (le rêve de tous parents!). On travail aussi au développement de nouveaux points de vente un peu partout au Québec. Si vous avez des suggestions, nous sommes preneurs!

    Collection Taille Plus de ZAÄN

    Nouvelle collection estivale 2019 de Sophie Paquette

    Questions en rafales pour Sophie Paquette : 

    Ce qui t’inspire le plus en ce moment? Les courbes ?

    Qu’est-ce que tu écoutes lors de tes moments de création? Musique douce et un peu de musique latine, question de me mettre dans l’ambiance!

    Un talent caché? L’informatique et la danse

    Ta toute première création? La robe 9001 multifonction qui roule encore beaucoup et qui fait bien à toutes les silhouettes!

    La réalisation de laquelle tu es la plus fière? Ma petite famille et l’évolution de ZAÄN (lentement mais sûrement dans une industrie en plein bouleversement!)

    Un(e) designer que tu admires particulièrement ? Iris Setlakwe, une designer montréalaise qui a une signature très féminine et qui se distingue.

    Finalement, où peut-on se procurer tes créations?

    Mes créations sont disponibles via ma boutique en ligne ainsi que dans diverses boutiques un peu partout au Québec. Je serai également présente (comme à mon habitude) aux trois Braderies de la mode soit à Montréal, Québec et Gatineau. Nous nous déplaçons également pour de petits évènements privés de 30 personnes à la maison ou en entreprise! Vous pouvez aussi me suivre sur Facebook et Instagram!

    Découvrez l’ensemble de mes entrevues avec des femmes inspirantes ici! 

  • ENTREVUE AVEC TANIA MIGNACC ILLUSTRATRICE ET BÉDÉISTE

    Découvrez la conceptrice derrière le petit cône orange Ponto!

    Vous avez déjà vu passer le charmant petit cône orange Ponto sur les médias sociaux? Celui qui fait sourire les montréalais même dans les périodes de construction les plus intenses et dans le trafic le plus dense? Si oui, alors vous avez eu la chance de voir tout le talent de l’illustratrice et bédéiste montréalaise Tania Mignacca qui a eu un jour cette idée de transformer un véritable symbole de la métropole en quasi mascotte! Rencontre avec une passionnée de dessin qui voue un amour inconditionnel à Montréal et qui la fait si bien rayonner de par ses oeuvres qui voyagent partout à travers le monde!

    Avant tout, qui est Tania Mignacca, quel est ton parcours ?

    Je suis une illustratrice et bédéiste fièrement montréalaise. J’ai une passion pour le dessin depuis que je suis toute petite. J’ai toujours été inspirée par les mangas et la culture japonaise et cela influence mon style. J’ai tout d’abord étudié en animation et en arts plastiques pour ensuite faire ma technique en graphisme au CÉGEP du Vieux-Montréal. J’ai aussi obtenu mon BAC en “Design Art” à l’université Concordia. Maintenant je suis illustratrice et graphiste à mon compte et depuis 6 ans c’est surtout mon projet de bande dessinée Ponto qui occupe la majorité de mon temps!

    À quoi ressemble ton processus créatif ? 


    Ça dépend sur quoi je travaille mais je commence toujours par faire des esquisses à la main. Pour une page de BD par exemple, je fais l’encrage et la coloration en numérique. J’aime aussi travailler avec des médiums plus traditionnels comme le feutre, l’acrylique et le collage.

    Qu’est-ce qui t’as amené à la création de Ponto, ton personnage maintenant bien connu des montréalais ? 

    Lors de mes études à l’université, Montréal est devenue l’une de mes inspirations principales dans mon travail. Je me suis rendue compte à quel point nous vivons dans une magnifique ville pleine d’histoire et de diversité. Cependant à cause des éternels chantiers de construction et des problèmes de corruption, j’avais l’impression que les Montréalais n’arrivaient plus à voir la beauté de la ville. J’ai donc eu l’idée de créer un personnage de cône orange tellement mignon qu’il aiderait les gens à redécouvrir Montréal. J’ai commencé à publier ses aventures en format webcomic et les gens l’ont tout de suite adopté! Il est maintenant devenu la mascotte non-officielle de la ville! J’ai aussi développé une ligne de produits dérivés pour permettre aux gens d’afficher leur fierté montréalaise!

    Les gens adorent Ponto, souvent il les accompagnent même dans leurs voyages un peu partout à travers le monde! C’est fascinant de voir comment les gens ont adopté rapidement ce petit cône orange … c’était un peu ça l’idée en fait, en faire un symbole, une fierté montréalaise et ça semble fonctionner !  – Tanya Mignacca

    Tu lanceras prochainement ta toute première bande dessinée mettant en vedette le fameux personnage, à quoi les gens peuvent-ils s’attendre ?

    Ce sera le Volume 1! Il contiendra les 150 premières pages du webcomic plus une histoire inédite de 20 pages qui mettra en vedette l’un des personnages les plus populaire : Gérald, un cône grincheux qui n’as jamais assez bu de café! Le livre sera imprimé localement et tout en couleur! Le livre est encore en production et l’impression et les envois sont prévus pour la fin mars mais il est actuellement disponible en prévente sur ma boutique Etsy.

    D’autres projets à venir prochainement ?

    Pour l’instant, c’est vraiment mon livre qui occupe la majorité de mon temps, mais j’espère aussi développer de nouveaux produits dérivés. Peut-être avec de nouveaux petits amis internationaux de Ponto qui sait! J’aimerais aussi trouver de nouveaux points de vente. Comme à chaque année, je serai présente à plusieurs marchés et festivals: le Marché du disque et des arts underground de Montréal en mars, le Festival de la BD en mai en bien sûr, le ComicCon de Montréal et l’Otakuthon cet été.

    Tania avec son petit cône Ponto!

    Un cône orange de la Ville de Montréal transformé en Ponto dans le cadre de la campagne « La dame se refait une beauté! »

    Questions en rafales avec Tania Mignacca :

    Ce qui t’inspire le plus en ce moment? 

    MONTRÉAL!

    Qu’est-ce que tu écoutes lors de tes moments de création?

    Je suis le genre de personne qui a besoin d’un bruit de fond pour travailler! Donc, la TV, Netflix, la radio parlée pour rester à l’affut de l’actualité! Côté musique, je vais surprendre les gens mais j’écoute beaucoup de musique alternative comme Nine Inch Nails, Linkin Park, Foster the People et les groupes japonais ONE OK ROCK et Boom Boom Satellites.

    Un talent caché?

    La photographie! J’ai toujours aimé me promener dans les rues de Montréal et photographier les choses inusitées que je trouve. 

    Ton premier Ponto ?

    Ponto est tout d’abord apparu sur une série de macarons. Je participais à une exposition et je voulais offrir quelques produits abordables. Les gens sont tout de suite tombés en amour avec le personnage et ça m’a donné l’idée de commencer mon premier grand projet de bande dessinée.

    L’œuvre de laquelle tu es la plus fière?

    La campagne “La Dame se refait une beauté” pour la rénovation de la rue Notre-Dame avec l’arrondissement du Sud-Ouest! J’ai eu la chance faire vivre Ponto à l’extérieur, sur un vrai chantier! Je reçois encore beaucoup de commentaires positifs sur ce projet! J’espère avoir d’autres opportunités similaires dans le futur!

    Un artiste que tu admires particulièrement ?

    Le photographe Edward Burtynsky. Il documente de façon magnifique et troublante comment l’humain modifie l’environnement.

    Finalement, où peut-on se procurer tes créations?

    Mes créations sont disponibles sur ma boutique Etsy. J’ai aussi quelques points de ventes à Montréal et je participe à plusieurs Marchés et conventions pendant l’année. Vous pouvez suivre les aventures de Ponto en bande dessinée chaque mercredi sur pontomontreal.com et aussi suivre sa vie de cône orange jet-set sur Facebook et Instagram!

     

    Découvrez l’ensemble de mes entrevues avec des femmes inspirantes ici! 

  • Entrevue avec Zoé Boivin artiste peintre

    Zoé Boivin nous dévoile sa rafraichissante série « RACINES »

    L’artiste Zoé Boivin dévoilait dernièrement ses plus récentes créations à l’occasion d’un vernissage à la Galerie Studio Volver située à Westmount. C’est dans un petit local lumineux, tout comme ses toiles, que j’ai eu l’immense privilège de faire la rencontre de Zoé et de découvrir son parcours ainsi que ses oeuvres et ce qui l’inspire le plus dans son processus de création. Une cinquième série aussi rafraichissante qu’une crème glacée que vous aurez certainement le plaisir de déguster (avec les yeux). Rencontre avec une artiste lumineuse et authentique de grand talent.

    Parle-nous un peu du processus t’ayant amené à RACINES

    « Pour moi, chaque série représente une énergie différente, un moment dans ma vie. Mes séries sont un prolongement de ma vie ce qui fait qu’il y a également réellement une continuité, une évolution entre chacune de mes séries parce que tout est inspiré par moi, par ce que je vis au moment de la création. » de mentionner Zoé.

    « Mes toutes premières toiles étaient vraiment inspirées de ma recherche identitaire (axé sur les personnes de mon entourage principalement), la rencontre de mon vrai « moi » comme personne nouvellement arrivée à Montréal et comme artiste. Puis, j’ai ensuite créé la série « construction » où j’ai vraiment exprimé et développé la construction de mon style, puis il y a eu la série « éclats » qui était de plus grande envergure et qui a été présentée à l’Hôtel Crystal au centre-ville de Montréal, il y avait plus de noirceur dans cette série, représentation de ce que je vivais à l’époque. Aujourd’hui, avec RACINES, je reviens à mes racines, mes origines, à quelque chose de plus organique. »

    On doit tous passer par une première exposition pour se dévoiler à son public, comment était ta première expérience ?

    « Ma toute première exposition, je l’ai fait à Granby (ma ville d’origine, mais je suis maintenant établie à Montréal) parce que je souhaitais vraiment être entouré de mes proches pour présenter mes toutes premières oeuvres. Monter un vernissage de ses toiles, c’est vraiment livrer son intimité aux gens, je pense que ça me rassurais beaucoup de le faire entouré de ceux que je connaissais et qui me connaissaient. C’était aussi une exposition inspiré de mes proches, donc, je voulais leur offrir de manière plus exclusive. »

    Décris-nous la technique que tu utilises.

    « Ma technique a vraiment beaucoup évoluée avec le temps. J’utilise une technique mixte (mixed media en anglais) qui comprend l’utilisation d’un mélange de peinture, collages et de divers médiums. Pour cette série, par exemple, j’utilise l’encre, l’aquarelle, la pastel, le marqueur, le crayon, l’huile, le transfert d’images … c’est évidement plusieurs heures de travail pour chaque tableau, mais le résultat est vraiment un beau mixte de mes passions développées avec le temps pour l’art, la peinture et l’art graphique.

    « Les gens n’ont pas besoin de connaitre l’art pour se l’approprier! »

    – Zoé

    Exprimer son art, c’est aussi accepter sa différence, comment as-tu passé à travers ce processus ?

    « Oui, qu’on soit jeune ou non, artiste ou non, ce n’est pas toujours évident d’accepter sa différence. Plus jeune, je me souviens d’avoir écrit que je voulais devenir peintre lorsque je serais plus grande (merci à mes parents qui ont encore la preuve de ça d’ailleurs). C’est vraiment un rêve qui devient réalité.

    Quand je suis tombée sur les toiles de Zoé, je me suis tout de suite dit qu’on avait l’impression de prendre comme une grande respiration. Quand elle m’a avouer « peindre ses émotions » je me suis dit que ses oeuvres étaient parfaites pour l’espace ici.

    – Sarah, propriétaire du Galerie Studio Volver

    Questions en rafales avec Zoé Boivin

    Ce qui t’inspire le plus en ce moment ?

    « Je suis très inspirée ces temps-ci par la nature, la végétation et le soleil, bien que cet élément fasse constamment parti de mes inspirations ! J’adore la simplicité et l’énergie des plantes, animaux et fleurs dans le paysage, qui sont juste là, dans le moment présent, ça me relaxe beaucoup en plus de venir créer une balance avec l’énergie très vibrante de la ville. J’aime explorer le mouvement dans mes toiles, autant avec le corps physique lors du processus de création que dans l’œuvre finale ; le processus est aussi important que le tableau final et on le ressent lorsqu’on observe la toile. Dans ma dernière série plus particulièrement, j’ai exploré les thèmes de la famille, de l’amour, des relations, de la féminité, de la force et de l’accomplissement, ainsi que de la notion de détachement, de vide et d’espace.»

    Qu’est-ce que tu écoutes lors de tes moments de création ?

    « J’ai une playlist ultra variée (ahah), qui change selon mes humeurs et les saisons. Ces jours-ci et lors de la création de ma dernière série je me suis laissée inspirer sur la musique de Angus et Julia Stone (en boucle !!!), Vance Joy, The Franklin Electric, Beauvois, Thérapie TAXI, Fakear, Bibio, Jabberwocky, Kygo, Milk ‘n Bone, Taylor Swift, Kimbra, Kanye West…. Pour n’en nommer que quelques-uns. » 🙂

    Un talent caché ? 

    « J’aime beaucoup l’art du jeu, de l’expression des émotions par le corps physique. En plus de ma pratique artistique en peinture, je suis en processus de développer cet aspect de ma personne et de mon art dans une école. »

    Ta première œuvre ?

    Ma première œuvre s’appelait « Meet my friend 1 », dans laquelle j’avais utilisé la technique du transfert d’image sur toile, jumelé avec du collage, du crayon, du marqueur et de l’acrylique. On sentait déjà la voie que j’allais prendre dans mon univers visuel, mais ce n’était vraiment qu’un premier pas vers les travaux que je crée aujourd’hui. J’avais mis en image le visage de la mannequin montréalaise Gabrielle Consentino avec un petit chevreuil posé sur sa tête, qui pour moi représentait l’écho de ma voie en tant qu’artiste et en tant que femme, avec l’intention d’exprimer ma vraie identité, et l’expression de ma personne, de ma lumière.

    Ton lieu de prédilection pour la création ?

    « J’adore créer quand il y a beaucoup de lumière, d’espace et de nature évidemment :). Idéalement, les séances de créations à l’extérieur de la ville me font toujours beaucoup de bien, le plus souvent que possible. Autrement, je peins présentement dans un studio sur la rive-sud et j’aménagerai dans un nouvel espace à Montréal au début du mois de juin, un espace très lumineux, spacieux et accueillant ! J’ai déjà hâte de voir les œuvres que m’inspireront ce nouveau lieu de création… »

    L’œuvre de laquelle tu es la plus fière et pourquoi ? 

    « C’est difficile de répondre à cette question car toutes mes œuvres sont différentes, et représentent des moments variés de ma vie personnelle et professionnelle jusqu’à aujourd’hui. J’ai envie de nommer l’œuvre « Le Combat », qui représente un passage marqué vers un style plus expressif, avec des couleurs différentes dans laquelle j’ai beaucoup osé. J’ai explorer dans ce tableau une facette de moi que je n’ai pas l’habitude de mettre de l’avant. Toutes les émotions se doivent d’être exprimées, qu’elles soient belles ou plus sombres, à défaut de créer des blocages. Ainsi, le résultat en peinture en est toujours un de vérité, d’expression, de libération et cette œuvre représente de manière très forte ce sentiment de liberté face à une expérience passée. »

    « J’admire et m’inspire beaucoup de la peintre Irlandaise Lola Donoghue ainsi que l’artiste Française Anne-Sophie Tschiegg pour leurs choix de couleurs et de textures, ainsi que leurs utilisations fluides et organiques de leurs matières. Dans une autre optique, j’adore le travail des peintres Joan Miró et Jean Michel Basquiat, dans l’expression de leurs sujets et des formes qui émergent dans leurs œuvres. »

    Finalement, où peut-on voir ou se procurer tes œuvres? 

    Il est possible de se procurer mes œuvres sur mon site web au zoeboivin.com. Mes toiles sont également exposées et mises en vente sur place ainsi qu’en ligne chez Vestibule sur Saint-Laurent et via leur site web.

    Il est également possible de se procurer mes toiles via la Galerie d’art en ligne Baba Souk. Il est également possible d’aller voir les œuvres sur place en personne (sur rendez-vous), via la plateforme en ligne Centerfold Gallery à Montréal et finalement la boutique Habitude Design située à Gatineau.

  • Entrevue avec Mélissa Miron; coach, conférencière et philanthrope

    De par mon métier et ce blogue, j’ai l’occasion de croiser des gens passionnés qui osent entreprendre et qui, du même coup, m’inspirent énormément par leur parcours, leurs réalisations, leurs rêves et aspirations. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec Mélissa Miron lors de ma première rencontre dans le cadre d’un événement de la Chambre de commerce locale. Elle a accepté de répondre à mes questions. Une boule d’énergie et une femme très inspirante.

    Avant tout, qui est Mélissa Miron la communicatrice?

    Une femme de cœur et toute en couleurs! J’ai plusieurs facettes, je suis une touche-à-tout, autodidacte et fille aux mille projets. Je suis une communicatrice née, une coach complice, une généraliste du développement humain et d’affaires. Communiquer pour moi est ma raison d’être; en coaching, en atelier, sur scène, dans mon blogue pour la revue PAX magazine et bientôt, sur ma chaine télé!

    Qu’est-ce qui t’a amenée à te passionner pour les communications et le coaching?

    Enfant, je tenais toujours un micro fictif en main; lorsque mon père jouait la guitare, pour animer les spectacles de chanson que mes cousines offraient dans les partys de famille et au walkie-talkie du camion de mon père! Je désirais être enseignante ou psychologue… un peu un croisement de ce que je fais maintenant. Impatiente que je suis et venant d’une famille d’entrepreneurs, je désirais suivre un parcours d’études collégiales certifiantes. J’ai donc choisi d’étudier le marketing et l’administration des affaires. J’ai par la suite développé mon art en relation client, par la supervision de stages et charges de cours pour (enfin!) OSER m’offrir une formation en coaching PNL et faire le grand saut. Depuis 2013, ma pratique est officiellement lancée.

    Tu as développé le concept « Osez le succès », qu’est-ce que c’est au juste et comment cela a-t-il commencé?

    Concrètement et honnêtement, dans le bureau de ma coach de vie en avril 2016! Je me sentais compartimentée dans mon entreprise et dans mon désir de réellement faire une différence. Avec ma coach et ses techniques, j’en suis venue à créer le cadre de l’événement qui allait combiner mes 3 grands désirs: communiquer, inspirer et rassembler le tout autour de mon idéal de plus en plus grand, la philanthropie. Donc l’événement est d’abord une collecte de fonds grâce aux 5$ par billet vendu que nous remettons à la cause parrainée, qui diffère à chaque édition pour me permettre de contribuer dans différentes sphères de notre société.

    Tu travailles présentement à l’organisation de la 2e édition de L’Événement « Osez le succès ». A quoi pouvons-nous nous attendre?

    Encore plus d’audace et plus de bulles d’authenticité contagieuse! Nous avons réussi à réunir une équipe encore plus solide pour préparer cette édition, notre conférencier-vedette est tout simplement merveilleux et nos partenaires sont fidèles. De merveilleux appuis se sont joints à nous; entre autre un partenaire voyage qui offrira un voyage tout inclus en tirage lors de la soirée! C’est complètement fou!

    https://www.youtube.com/watch?v=zpm65BYWQDU%20

    Que conseillerais-tu à une personne qui a peur d’oser le succès?

    De prendre le temps de se demander ce qu’est vraiment le succès pour elle, selon elle. De se donner le droit de définir sa vie idéale et ses aspirations selon ses désirs, et ce, peu importe les standards de société. Le simple fait d’OSER la réflexion en toute franchise et authenticité est un grand acte d’audace. Revenir à soi demande courage et humilité.

    Questions en rafales : 

    Une personne qui t’inspire? Oprah Winfrey; authenticité, philanthropie, communicatrice.

    Ce qui te motive le plus dans la vie? Évoluer, devenir une meilleure personne et contribuer dans le monde par mon essence.

    Un conseil que quelqu’un t’a donné qui te sert encore aujourd’hui : Sois toi et décide au mieux pour toi. Peu importe, il y en aura toujours des mécontents. Au moins ainsi toi tu es heureuse.

    3 livres à lire absolument selon toi ? Juste 3 (rire)! Lire est possiblement la meilleure façon d’être inspiré, d’évoluer, de s’évader et développer sa créativité. Spontanément: Les 4 accords toltèques (Don Miguel Ruiz), Le virage (Dr Wayne Walter Dyer) et Le monde de Sophie (Jostein Gaarder).

    Des habitudes à développer pour oser davantage au quotidien? Choisir. Prendre des décisions, petites ou grandes, plus spontanées et instinctives. Cesser de trop soupeser le pour, le contre et rester dans l’inaction. Toute décision est la bonne. Elle nous mènera quelque part de beau et de formateur.

    La réalisation dont tu es la plus fière? La première édition de L’Événement Osez le succès en octobre dernier. Avoir réussi à faire naitre un projet d’une telle envergure en 5 mois, avoir rassemblé commanditaire, partenaires et participants, avoir dépassé de 66% notre objectif de profits versés à la cause parrainée et avoir été totalement authentique et inspirée sur scène devant les 200 invités… wow! J’en vibre encore!

    Vous pourrez voir Mélissa en conférence, en compagnie de l’auteur et coach David Bernard, à l’occasion de L’Événement Osez le succès qui se tiendra le 25 avril prochain à Saint-Eustache. Billets en vente via le site web osezlesucces.com ou via la page Facebook de l’événement.

  • Entrevue Shirly Delva – Designer de mode Etnika Vêtements & Accessoires

    Le web fait parfois bien les choses! Ceux qui me connaissent savent que j’ai longuement travaillé et évolué dans le domaine de la mode avant de me lancer dans celui du web. Comme nos veilles passions ne sont jamais bien loin, c’est via la combinaison de ces deux éléments que j’ai fait la découverte d’une grande artiste, Shirly Delva, la designer derrière la colorée marque Etnika Vêtements & Accessoires. Une boule d’énergie qui communique sa passion pour l’art et la culture haïtienne via l’utilisation de la pagne africaine dans la conception de ces vêtements et accessoires. Rencontre avec une passionnée dans son atelier de Deux-Montagnes. 13087718_10154036314722184_1872078476542953848_n

    Avant tout, qui est Shirly Delva? 

    Shirly est une rêveuse, une passionné de mode, une entrepreneure et une maman de deux enfants. Je réside à Saint-Eustache depuis 3 ans et mon atelier est situé à Deux-Montagnes. Je suis fana du jeans et tous ce qui est des tissus à motifs colorés qui me rappelent la chaleur des Antilles. Je suis québecoise d’origine « ayisienne » (haïtienne en créole). Ma passion pour la mode m’a été transmise par ma grand-mère, une grande couturière qui a vécu toute sa vie en Haïti, et de mon père qui a longtemps travaillé dans le quartier Chabanel à Montréal. Je suis passionnée aussi de culture, de voyage et d’environnement. J’ai étudié en mode au Collège LaSalle et j’ai travaillé dans ce domaine pendant près 20 ans ainsi que dans le commerce de détail avant de lancer ma propre marque.

    Qu’est-ce qui t’a amené à la création de vêtements?

    J’ai toujours été dans ce domaine, mais le déclic c’est vraiment fait lors d’un de mes voyages en Haïti avec ma famille. J’avais alors besoin d’un sac à main contenant plusieurs compartiments afin d’y mettre mes effets personnels et ceux de mes enfants. Après avoir effectué ce sac à main, à partir d’un jeans récupéré, chaque sortie avec ce sac générait des commentaires positifs et rapidement plusieurs demandes provenant de mon entourage se sont présentées. C’est le bouche à oreilles qui m’a permis de concrétiser ma première ligne d’accessoires Etnika. Depuis l’an dernier, j’ai débuté la création d’une mini ligne de vêtements qui vient compléter ma collection d’accessoires ce qui me permet de retourner à mes premiers amours soit la conceptualisation de vêtements. Depuis cet ajout, mes effectifs on grandit, j’ai d’ailleurs dû engager un assistante puisque le travail ne pouvait plus se faire que par moi-même. Maintenant, ma marque s’appelle Etnika vêtements et accessoires.

    À quoi ressemble la journée typique de Shirly? 

    Ah quelle bonne question! Tellement de choses à dire à ce sujet. Le matin, je médite puisque c’est ma source d’inspiration et mon leitmotiv. Ensuite, je mets mon chapeau de maman jusqu’à ce que je dépose les enfants à l’école. Je regarde le fil des actualités que ce soit sur les médias sociaux, la mode etc. Dès que j’ai le pied à l’atelier, je regarde mes urgences, mes commandes en ligne, mes courriels, les demandes spéciales. Je suis au téléphone soit pour des collaborations d’affaires, etc.  Je regarde avec Lisa, mon assistante, notre planning de la journée et les évènements avenir. Lorsque possible, je vais prendre un bonne marche près du Lac Deux-Montagnes, ma deuxième grande source d’inspiration. Le soir après l’atelier, je remets mon chapeau de maman et le tout recommence le lendemain!

    Tu te spécialises dans le design de vêtements et d’accessoires fait de pagnes et de motifs africains, qu’est-ce qui t’inspire dans ces tissus?

    Au fait, Etnika est une ligne éco-ethnique. Elle permet aux gens de voyager sans bouger :). Je change de thématique à chaque saison mais, ces trois dernières années, je suis demeurée avec le pagne (tissu de coton aux motifs africains). J’ai eu la chance de voyager passablement au cours des dernières années ce qui m’a permis de découvrir ces motifs et de transmettre cette tendance, non seulement à ma clientèle, mais à tous ceux qui ne connaissent pas le bathik (tissu africain). Toucher différent type de tissus, apprendre sur son procéder, ça m’inspire! En ce qui à trait aux tendances de mon pays d’origine « Haïti chérie », je connais les motifs, les tissus, notre emblème folklorique (puisque ma famille me l’a si bien transmise) mais, j’ai aussi beaucoup voyager par le passé en Haïti. J’ai aussi enseigné dans une école de mode dont l’École de mode Vérona ce qui a été une expérience très enrichissante pour moi. J’y ai transmis mon savoir-faire, mes expériences de travail et, en retour, les étudiantes m’ont partagé leurs connaissances et leur passion pour les arts et la mode.

    À qui s’adressent tes vêtements?

    Mes vêtements et accessoires s’adressent aux femmes âgées de 20 ans à 65 ans. Quelques accessoires s’adressent aussi aux hommes. La plupart de mes clientes aiment le coloré, la diversité ethnique, tout ce qui est écolo, elles aiment le jeans et les motif tribal aussi.

    Comment fait-on pour réinventer des vêtements traditionnels et les incorporer dans la garde-robe de tous les jours?

    Il y a tellement à dire, je suis beaucoup les tendances concernant la mode et les vêtements. La mode de rue (streetwear) m’inspire énormément. Je regarde les jeunes, les tendances musicales. Je suis aussi, indirectement, le style de ma clientèle. Par moment, je peux flairer le style d’une cliente surtout quand je fait du sur-mesure ou des commandes spéciales pour elle. Parfois l’inspiration me vient seulement en regardant un motif, une couleur ou en touchant un tissu, je me demande alors comment je le porterais moi-même et les idées me viennent. J’adore réinventer les vêtements et accessoires dit, plus tradictionnels, pour les adapter au mode de vie plus nord-américain, tout apportant une touche plus colorée.

    As-tu d’autres projets à venir prochainement?

    Je viens de terminer une campagne de financement sur la plate forme de La Ruche afin de pouvoir déménager mon atelier et m’offrir plus d’espace pour la création et la conception de mes collections! Je suis donc présentement en pleine recherche pour un nouvel atelier dans la région! Je travaille également à faire grandir mon équipe et ma gamme de produits et souhaite développer des collaborations avec des gens et des entreprises impliquées dans le domaine de la mode à Montréal et dans des Lautentides.

    Questions en rafales :

    Ce qui t’inspire le plus en ce moment? Le Lac Deux- Montagnes, la mode tribal, le pagne, les arts et la mode.

    Qu’est-ce que tu écoutes lors de tes moments de création? Techno Pana, du Zook, Compas, Rythm Fm, old school, R & B, House musique, gospel song, etc!

    Un talent caché? Mes talents cachés sont tous reliés à la mode, mais un talent caché, je dirais le chant! Pour ma part je trouve que je chante bien mais peut-être que d’autres personnes diraient le contraire. 🙂

    Ta première création?  Ma première création était un short rouge créé à 14 ans. J’avais pris mon cours de couture parce que ma passion pour la mode était déjà bien ancrée. Ma grand-mère avait des catalogues de mode desquels je m’inspirais. J’avais créé ce short rouge pour un soirée de danse à Noël où nous devions absolument nous habiller en rouge. Cette soirée là, j’étais la plus belle!!!

    L’œuvre de laquelle tu es la plus fière? Mes accessoires et vêtements et plus particulièrement un manteau que j’ai confectionné pour le défilé de mode de fin d’année (lors de mes études en mode). Ce manteau je l’ai encore aujourd’hui et c’est l’une de mes plus grandes fières puisque cette réalisation était hors du commun.

    Un artiste que tu admires? Anomale Couture (une autre designer québécoise), Helmer Joseph (grand couturier Haïtien résident au Québec et qui a fait sa marque). Évidemment, Jean Paul Gauthier, Chanel, Yves St-Laurent. Sans oublier Mary J Blige ma chanteuse préférée!

    Finalement, où peut-on voir ou se procurer tes vêtements? En ligne via mon site internet: www.etnikaccessoires.etsy.com ou à mon atelier. Je suis aussi très active sur Instagram et sur page Facebook où je publie fréquemment les nouveautés, offres spéciales et évènements auxquels je participe.

  • Entrevue avec Leila Chalfoun – Soprano et fondatrice du FestivalOpéra

    Propager l’amour de l’opéra

    J’ai eu l’occasion de la rencontrer lors d’une conférence de presse qu’elle tenait pour annoncer le FestivalOpéra, un évènement quelle a bâti de toute pièce avec l’appui de son mari. Plusieurs années plus tard, le Festival soulignera bientôt ses sept ans et fait parler de lui un peu partout sur la scène lyrique locale et internationale. Rencontre avec une femme passionnée, tenace et visionnaire, Leila Chalfoun, soprano, directrice artistique et femme d’affaires. – Entrevue et photos: Isabelle Vallée

    Avant tout, qui est Leila Chalfoun?

    Une personne bien ordinaire, mais juste un petit peu fatigante (éclat de rire!). C’est que, quand j’ai quelque chose en tête, même si c’est difficile, il faut que j’arrive à l’obtenir. On me dit tenace, c’est probablement ça, mais ça peut aussi devenir fatigant à la longue. Ceci dit, jusqu’à aujourd’hui j’ai réalisé la plupart de mes ambitions : je voulais chanter de l’opéra, être agente d’artistes lyriques et directrice d’opéra. Je suis donc très contente de faire ce que j’aime.

    Qu’est-ce qui t’a amenée à te passionner pour l’opéra ?

    Je ne connaissais pas du tout l’opéra jusqu’à ce que je découvre cet art grâce à mon premier professeur de chant, Mme Cécile Vallée-Jalbert, une soprano qui a fait une belle carrière. Ma soeur Lory m’avait offert, comme cadeau de fête à mes 16 ans, mon premier cours de chant, car je chantais à tue-tête à la maison. Madame Jalbert m’a dit que j’avais une voix pour l’opéra et m’a fait connaitre ce magnifique art vocal. Une fois que l’on connait l’opéra, on ne peut plus s’en passer. C’est un art qui nous touche, la voix est un médium qui vient nous chercher, c’est le miroir de l’âme.

    Ta carrière de soprano t’a amenée à te produire sur les plus grandes scènes du monde, pourquoi Saint-Eustache pour lancer un Festival dédié à cet art?

    Mon conjoint et moi sommes citoyens de la ville de Saint-Eustache depuis 2004 et nous avons été charmés par le site historique du Vieux-Saint-Eustache lors de notre arrivée durant le Festival Arts en fête. Meti a eu l’idée de faire un festival d’opéra et je lui ai tout de suite donné raison car je trouvais que le site (la rue piétonne du Vieux-Saint-Eustache et la petite église) avait l’air d’un décor de théâtre. L’idée a germé dans nos têtes et en 2009 le FestivalOpéra de Saint-Eustache a été créé.

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    Leila Chalfoun, présidente et directrice artistique du FestivalOpéra, en compagnie de son mari Meti Jori.

    Tu as vécu (et vis toujours) de ton art, quel est le secret pour réussir dans ce métier ?

    Il ne faut pas se décourager. Il y a des moments où on rencontre des creux dans la vie d’un artiste. Il faut rester tenace et croire en ce qu’on fait, même s’il est facile de se décourager. C’est ce que j’aime dire à la relève et c’est pourquoi j’encourage les jeunes chanteurs. C’est notre devoir de le faire. On a plein de talents ici, on a des voix riches au Québec et je suis heureuse de voir qu’il y a plus de débouchés aujourd’hui que dans mon temps pour les jeunes chanteurs. C’est important de créer de l’emploi pour nos chanteurs. En Europe, il y a des maisons d’opéra partout, il faut faire la même chose ici, et c’est ce qui arrive tranquillement. Ces dernières années, on a vu beaucoup de festivals et de jeunes compagnies d’opéra qui ont été mises sur pied.

    Plusieurs maisons d’opéra existent un peu partout à travers le monde, mais peu de festivals, qu’est-ce qui caractérise un festival dédié à l’opéra?

    Un festival est spécifique car il a le mot « festif » dedans et c’est comme ça que je vois notre festival l’été. Il se veut comme une fête de l’opéra. J’aime y ajouter non seulement de l’opéra, mais d’autres formes d’arts et c’est ce qu’on découvrira cet été dans notre prochaine édition OpérArts!

    Que conseillerais-tu à une personne qui désire s’initier à l’opéra ?

    Je l’inviterais tout d’abord à assister à notre festival car il a pour but d’initier celui qui ne connait pas l’opéra. On choisit toujours des oeuvres accessibles et connues. Jusqu’à présent, on a réussi à attirer une nouvelle clientèle qui ne connaissait pas du tout l’opéra, et même, qui avait une appréhension, mais chez nous ils ont aimé et reviennent. C’est certain que le concert gratuit présenté par Hydro-Québec nous aide à faire connaitre l’opéra, car les gens viennent plus facilement étant donné que c’est gratuit et en plein air. Le lieu est féérique sur la Promenade Paul-Sauvé où la scène est érigée devant la Rivière-des-Mille-Îles.

    Quels sont les projets sur lesquels tu travailles en ce moment?
    Évidemment, on travaille sur notre prochaine édition du FestivalOpéra, car la 7e édition approche rapidement (23 juin au 10 juillet). Le décompte est commencé et le travail de préparation est immense. Parallèlement, on doit gérer les auditions des artistes de notre agence également.

    Questions en rafales :

    Un artiste en opéra à surveiller en ce moment? Hugo Laporte! Jeune baryton prodigieux de 24 ans, lauréat de nombreux concours, il a été nommé « Jeune espoir lyrique canadien » au Gala international d’Opéra des JAL 2015 et nominé dans l’édition 2015 de CBC « 30 hot Canadian classical musicians under 30 ». Il sera d’ailleurs du FestivalOpéra cet été dans le concert Hugo Laporte et ses amis!

    Ton opéra préféré? J’en ai plusieurs, en premier Puccini qui me chavire toujours, notamment avec la Tosca, Madama Butterfly et bien sûr, La bohème. Les opéras français : Manon de Massenet reste mon préféré, Faust de Gounod, je pourrais en nommer plusieurs!

    Une de tes premières performances professionnelles? J’ai eu la chance de chanter dans plusieurs grandes maisons d’opéra et grands festivals, à commencer par l’Opéra de Montréal, où j’ai fait mes débuts. J’ai commencé à l’Atelier lyrique, guidée par la directrice et soprano Chantal Lambert et le directeur de l’Opéra (de l’époque) Bernard Uzan. J’ai aussi eu la chance d’étudier avec Diana Soviero lors de mon stage. J’ai ensuite chanté à New York, sous la direction de Maestro Yves Abel et à l’opéra de Monte Carlo à plusieurs reprises, notamment sous la direction scénique du compositeur lui-même : GianCarlo Menotti, aujourd’hui décédé. Ce fut un grand honneur pour moi de chanter dans son opéra « Le Consul », sous sa direction!

    Un fait cocasse qui t’est déjà arrivé sur scène? Je me souviendrai toujours de mon épisode des chaussures de claquettes… Mon professeur de chant au Conservatoire, Marie Daveluy, trouvait que je devais régler mon problème de rythme. Elle m’a alors encouragée à suivre des cours de claquettes. Je me suis retrouvée avec des filles toutes minces dans le studio de danse d’Arthur Murray. Ces jeunes filles avaient de jolies chaussures noires de claquettes à talons hauts, et comme nous avions, dans ma famille, des magasins de chaussures, papa m’avait apporté des chaussures de claquettes rondes, blanches, vernies et à talons plats. Alors, dans le grand miroir, on voyait toutes les jeunes filles grandes et minces, bien en rythme avec leurs belles chaussures noires de claquettes et moi, petite et ronde avec mes chaussures blanches plates et surtout « Offbeat »!!! Durant la pause, quelle ne fut pas ma surprise de voir les filles du cours arriver vers moi pour me demander où j’avais acheté mes chaussures… car elles en voulaient des pareilles!

    La réalisation dont tu es la plus fière? Je suis très fière du FestivalOpéra de Saint-Eustache et de ce qu’il est devenu avec le temps. Cet évènement gagne en notoriété chaque année et son concept permet réellement de tailler une place spéciale pour l’opéra dans le cœur des gens. Je suis également très heureuse des accomplissements de l’Agence Meti Jori, dont j’assure la direction avec mon conjoint Meti. Une agence qui représente les artistes en opéra et qui leur permet de trouver des contrats ici et ailleurs dans le monde. Jamais, lors de sa fondation avec ma sœur Lory il y a 18 ans (sous le nom d’Agence Mulè) je n’aurais pu envisager que cette aventure puisse tenir toutes ces années!

    Finalement, comment se procurer des billets pour le FestivalOpéra?

    Via admission.com ou via le Centre d’art La petite église, nous avons également une nouvelle passe FOSE qui donne droit à l’ensemble des évènements du Festival et un tarif spécial pour les groupes! Vous pouvez également suivre notre page Facebook!

    www.festivaloperasteustache.com

  • Entrevue avec Cathy Primeau – Artiste peintre

    L’art de créer … pour les autres

    C’est dans un joli petit atelier du Vieux-Saint-Eustache que j’ai eu la chance de rencontrer une artiste multidisciplinaire accomplie et d’assister, par le fait même, à son processus de création. Bienvenue dans l’esprit créatif de l’artiste peintre Cathy Primeau.

    Entrevue et photos: Isabelle Vallée, blogueuse lesbonsplans.ca

    Avant tout, qui est Cathy Primeau? 


    Je me qualifierais à la fois d’artiste visionnaire et d’entrepreneure. Je possède ma compagnie de coiffure et maquillage artistiques, le Studio C, et puis l’Atelier 131, un atelier collectif et entreprise qui offre des services variés, comme des ateliers d’arts, l’organisation de fêtes et divers cours artistiques. Je suis assez polyvalente et je mets toujours, ou presque, mes idées en action, une fois bien réfléchies!

    À quoi ressemble ton processus créatif ? 


    Tout d’abord, je m’installe avec une musique du moment; le choix est très important, je me laisse imprégner de celle-ci. Je suis très enracinée avant de peindre. Je ferme les yeux et m’assure de faire le vide. Les choix des couleurs viennent au fur et à mesure, intuitivement, autant sur la peau de mes sujets que sur le fond de mon œuvre. Les oiseaux et les visages sont toujours choisis dans un concept qui transpose les notions de liberté, d’humilité, de confiance, d’harmonie, d’amour, enfin, tout ce qu’un être humain en cheminement et en quête de soi veut installer en lui.

    Qu’est-ce qui t’a amenée à la peinture ?

    Mon parrain m’a enseigné la peinture à l’huile à un très jeune âge et je dessinais aussi de façon autodidacte. Je scrutais les livres de la bibliothèque qui parlaient des différentes techniques. N’ayant pas des parents axés sur les arts, je me débrouillais comme je pouvais! J’ai énormément expérimenté seule étant petite. Je me rappelle que déjà mes sujets préférés étaient les oiseaux et les visages. Il faut dire que je me suis longuement questionnée sur ce que je voulais faire alors que ma réponse était juste là, sous mes yeux, et ce, depuis toujours.

    À qui s’adressent tes oeuvres?

    Je ne crois pas que mes oeuvres soient limitées à un public cible (par choix), mais je dois dire que 90 % de mes œuvres sont achetées par des femmes.

    Il semble que chaque œuvre trouve son histoire, peux-tu nous en parler?

    Toutes mes oeuvres vendues depuis 2014 ont des histoires très particulières. Les gens m’appellent et me racontent qu’ils ont pleuré en voyant une de mes toiles.  Elle leur rappelle une blessure guérie, une libération, un chemin de vie, ou encore ils me disent qu’elle (la toile) l’aidera à traverser une épreuve. Mes créations sont très spirituelles, je sais que je crée non seulement pour moi, mais principalement pour aider les gens. On demande maintenant à me rencontrer, je discute d’abord avec la personne et ensuite je sais ce dont elle a besoin comme ingrédient « bonheur » dans l’oeuvre qui lui sera dédiée. Je crée en pensant à elle tout au long de la conception de la toile. M’intéressant beaucoup à la métaphysique, j’ai aussi commencé à mettre des pierres précieuses et des métaux dans mes oeuvres.

    Tu as développé plusieurs collaborations avec d’autres artistes, qu’est-ce qui te pousse à travailler de cette manière?

    J’ai fait quelques collaborations avec Cécillia de Couronne de Chiffon et Marie-Andrée Tardif, une artiste extraordinaire. Je suis actuellement à faire un projet avec Valérie Lajoie de la Fabrique V et aussi avec Isabelle Larouche, auteure jeunesse, pour un beau projet dans le but de contribuer, à notre manière, à la revitalisation du Vieux-Saint-Eustache. Ce qui me pousse à faire des collaborations est principalement le travail d’équipe, l’association d’idées et le concept de partage. Quel bonheur que d’échanger sur sa passion avec des pairs et de faire naitre des projets communs. Ça peut parfois te faire sortir de ta zone de confort et t’apporter de nouveaux défis personnels!

    D’autres projets à venir prochainement?

    J’ai comme projet, à l’Atelier 131, d’offrir deux nouvelles places à louer pour des artistes (l’atelier accueillant déjà 3 artistes). Nous avons aussi une soirée cocktail d’ouverture prévue le 27 avril 2016. J’ai par ailleurs plusieurs expositions et symposiums prévus cet été, et puis un projet qui naitra prochainement dans le Vieux-Saint-Eustache à l’automne 2016… mais c’est encore un secret!

    QUESTIONS EN RAFALES

    Ce qui t’inspire le plus en ce moment? Les gens d’actions m’inspirent, ceux qui font bouger les choses, des conférenciers, conférencières, des auteur(es). Je pourrais en nommer plusieurs.
    Qu’est-ce que tu écoutes lors de tes moments de création? Mon répertoire musical est assez vaste, et ça dépend toujours des jours. Dernièrement: Ingrid St-Pierre, The Struts, Tire le Coyote, les soeurs Boulay, Musique du monde, Cats on Trees, les Royals Pickels. London Grammar, il m’en manque… ouf…
    Un talent caché? La danse, j’adore danser…
    Ta première œuvre ou réalisation? En dessin, deux oiseaux sur une branche que ma mère ne croyait pas que j’avais faits (rire!). En peinture, un paysage d’hiver que j’ai réalisé alors que j’avais 11 ans.
    L’œuvre de laquelle tu es la plus fière? Est-ce que je peux dire ma fille?
    Un artiste que tu admires? C’est difficile un seulement… Mais je suis une fanatique de Tim Burton. Sa Folie, son univers, je l’adore!

    Finalement, où peut-on voir ou se procurer tes oeuvres?

    En ligne, via mon site internet et à mon atelier situé au 131 rue Dorion, dans le Vieux- Saint-Eustache. Pour voir mes réalisations, il y a également ma page Facebook!